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A quoi ressemblera l'usine du futur ?
Lundi, 28 Juillet 2014 10:20

Quelles sont les technologies qui, demain, s’imposeront dans les usines et permettront d’améliorer leur compétitivité ? Le plan « Usine du futur », lancé dans le cadre des priorités de la politique industrielle de la France, a identifié plusieurs technologies. Celles-ci doivent permettre d’avancer concrètement vers l'industrie de demain, en la rendant encore plus compétitive, humaine et en harmonie avec son environnement.

Fin 2013, le président de la République a présenté les priorités de la politique industrielle de la France. Elle comprenait 34 plans de reconquête, dont celui intitulé « Usine du futur », dédié à la modernisation des petites et moyennes entreprises.

Objectif : combler le retard des industries françaises sur leurs voisines européennes pour les rendre plus compétitives.

L'imprimante 3D avant la mise en production

Dans le cadre de ce projet, piloté par les présidents du directoire de Fives (groupe d'ingénierie industrielle concevant des machines et process) et de Dassault, une vingtaine de technologies-clés ont d'ores et déjà été identifiées. Certaines sont déjà bien développées, d'autres nécessitent encore un peu de travail. Mais toutes ont un point commun : elles préfigurent la manière dont sera organisée l'usine de demain.

Comment utiliser les nouveaux outils pour développer des manières de travailler plus efficaces ? Chaque concept a été étudié pour répondre à des problématiques différentes. Chez Ford par exemple, les plans des sites d'assemblage ont été numérisés. On peut donc s'y promener virtuellement via un avatar, même si l'on en est loin physiquement, grâce à Google Earth. Le biscuitier Poult, lui, qui travaille en tant que sous-traitant pour ses clients, a opté pour une imprimante 3D. En quelques minutes, l'innovation passe du cerveau de ses inventeurs aux mains du client. Ainsi, ce dernier découvre sans tarder les nouveaux gâteaux et même leurs emballages !

Un monde connecté

L'innovation passe par le développement de nouvelles machines, mais aussi par le fait qu'elles ne fonctionnent plus de manière isolée. « Dans le prolongement de l'Internet des personnes, nous assistons au développement de l'Internet des objets », expliquait Guy Dufraisse, président de Schneider Electric France, lors  d'une table ronde organisée en avril à l'occasion du salon Industrie Paris 2014. « L'usine se digitalise. Demain, toutes les machines seront connectées entre elles et à leur environnement. Il y aura un dialogue permanent en temps réel. Le but est de les rendre plus autonomes et flexibles, plus efficaces. Pour accroître la productivité, suivre les processus et optimiser les coûts énergétiques. Chaque machine, consciente de l'énergie qu'elle consomme, pourra ralentir sa consommation » au bon moment.

Les machines évoluent, les matériaux aussi. Les industriels travaillent à en créer de nouveaux, pour optimiser les produits. C'est le cas de Renault, qui mène à Rennes un projet pilote. L’objet de la recherche ? Développer un matériau composite qui pourrait remplacer l'acier dans les pièces de structure des véhicules, comme le bas de caisse. La finalité étant de produire des véhicules plus légers, donc moins gourmands en carburant et moins polluants.

L'homme au cœur de l'usine

Mais il ne faudrait pas croire que l'usine du futur se résumera seulement aux machines et matériaux. « Contrairement aux plans allemand et américain, nous n'avons pas voulu rester focalisés sur les nouveaux outils numériques et les machines connectées. Le plan français […] s'intéresse aussi à la place de l'homme dans l'usine », expliquait en mars dernier Frédéric Sanchez, président du directoire de Fives, à l’hebdomadaire Usine nouvelle. Une question au centre des réflexions comme chez Airbus, qui cherche à faire en sorte que les opérateurs réalisent des tâches plus intéressantes et moins pénibles. Le but ? Rendre les objets intelligents, pour qu'ils soient capables de reconnaître l'environnement dans lequel ils travaillent et pour qu’ils se préparent aux opérations que l'opérateur va leur demander.

Même réflexion chez Stäubli, le fabricant de robotique et de machines pour textile de Faverges, en Haute-Savoie : « Nous voulons amener les robots dans des univers où ils ne sont pas encore, pour leur confier les tâches répétitives, blessantes... Et ainsi soulager l'homme qui pourra faire du diagnostic, du réglage fin et du contrôle qualité final », observait François Morisse, directeur général de cette usine, lors du salon Industrie Paris 2014. Et de préciser que le robot n'est pas l'ennemi de l'homme. « Robotiser permet de garder de l'emploi. Car cela nous a permis de respecter des délais et donc de garder nos clients ! »

Se rapprocher des villes

Le confort de l'homme passe aussi par le rapprochement des usines vers les villes. « En intégrant les usines aux villes, on évitera les pertes de temps [dues aux transports] et on limitera le développement d'infrastructures gigantesques, pour faire gagner de la qualité de vie aux citoyens », observait d’ailleurs Frédéric Sanchez.

L'usine doit enfin penser à l'énergie et l'environnement. A Carros (Var), l'extension du site de Schneider Electric, ouverte il y a trois ans, est un bâtiment à basse consommation et l'électricité produite par les 1400 m2 de panneaux photovoltaïques posés sur sa toiture correspond à la consommation du bâtiment. « Avec la mondialisation, la pression concurrentielle est de plus en plus forte. Nous devons apprendre à mieux produire et mieux consommer. Nous devons maîtriser notre consommation d'énergie », soulignait Guy Dufraisse. Cette maîtrise a de multiples vertus, car prendre soin de l'environnement, c'est encore une autre manière de prendre soin des hommes.

Source: www.les-industries-technologiques.fr

 

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